Quand un squat survient, la première question n’est pas juridique. Elle est financière. Combien ça va coûter ? Combien de temps ça va durer ? Et quelle option laisse le moins d’argent sur la table ?
Voici les chiffres réels, basés sur notre expertise.
L’essentiel à retenir
Une procédure d’expulsion complète coûte entre 3 000 et 5 000 €.
Les coûts cachés pèsent souvent lourd : factures d’énergie, dégradations, manque à gagner pendant la procédure.
Dans 8 cas sur 10, la demande d’expulsion aboutit : mais obtenir des dommages et intérêts reste rare.
Ce que coûte une procédure d’expulsion
La procédure d’expulsion d’un squatteur peut emprunter deux voies depuis la loi Kasbarian-Bergé de juillet 2023 : la voie administrative (préfet) ou la voie judiciaire (tribunal).
La voie administrative est la plus rapide lorsqu’elle fonctionne. Le préfet a l’obligation légale de répondre sous 48 heures et le taux de succès est d’environ 75 % des demandes. Le délai réel jusqu’à l’évacuation effective est de quelques jours à 2 semaines dans les cas favorables.
La voie judiciaire est nécessaire quand le préfet refuse d’agir. Cela arrive par exemple sur les biens vacants non meublés. Les délais tombent entre 3 et 8 semaines pour obtenir une ordonnance, auxquels s’ajoutent les délais d’exécution par les forces de l’ordre.
Le coût direct d’une procédure complète
La bonne nouvelle : Les règles ont changé en faveur des propriétaires.
| Poste | Montant estimé |
| Constat d’huissier (commissaire de justice) | 300 à 600 € |
| Honoraires d’avocat | 1 500 à 3 500 € |
| Frais de procédure et actes | 500 à 1 000 € |
| Total procédure | 3 000 à 5 000 € |
Les coûts que personne ne chiffre vraiment
Le coût visible de la procédure n’est que la partie émergée. Un bien squatté pendant une procédure de 2 à 6 mois est un bien qui ne se vend pas ou qui se négocie à la baisse. Mais on note fréquemment d’autres coûts :
1. Les factures de charges
Un occupant sans titre peut contracter un abonnement électricité ou eau en présentant un faux bail. Cette tactique est de plus en plus répandue. La loi Kasbarian ne prévoit aucun fonds d’indemnisation pour ces dettes. Les régies refusent généralement leur apurement. La facture reste à la charge du propriétaire ou fait l’objet d’un contentieux long.
2. Les dégradations
Chiffrer a posteriori les dégradations est possible mais récupérer ces sommes relève du parcours du combattant. L’obtention de dommages et intérêts contre des squatteurs reste exceptionnelle : leur solvabilité est le principal obstacle. Un seul cas documenté d’obtention de 22 000 € de dommages et intérêts a été rapporté sur la période avril 2024.
3. Les frais de remise en état
Même après une expulsion réussie, le bien doit souvent être nettoyé, remis aux normes, et parfois réparé structurellement avant de pouvoir être mis sur le marché.
Ce que la loi de 2023 change … et ce qu’elle ne change pas
La loi Kasbarian-Bergé a clairement déplacé le curseur en faveur des propriétaires. Les sanctions pour squat ont triplé : jusqu’à 3 ans de prison et 45 000 € d’amende. Le propriétaire est exonéré de son obligation d’entretien du bien pendant l’occupation illicite.
Mais elle ne résout pas tout
- Les refus préfectoraux persistent sur les biens vacants non meublés.
- La présence de personnes vulnérables (enfants, personnes âgées) peut paralyser l’exécution forcée.
- La question du relogement des occupants peut bloquer l’expulsion même avec une ordonnance en main.
- Les « faux baux » sont une tactique croissante qui instaure un doute juridique et ralentit tout.
Le comparatif : procédure d’expulsion vs vente en l’état
| Critère | Procédure d’expulsion | Vente à un marchand de bien |
| Coût direct | 3 000 à 5 000 € | 0 € de frais de procédure |
| Délai avant transaction | 1 à 6 mois minimum | Quelques semaines |
| Certitude du résultat | 75 % de succès administratif | Offre ferme dès le départ |
| Dégradations / charges énergétiques | À la charge du propriétaire | Absorbées par l’acheteur |
| Niveau de stress | Élevé | Neutre |
Si le bien a une valeur de marché nette significative et que la procédure est courte, l’expulsion peut être la meilleure option financière. Mais dès que la situation se complique (bien vacant, squatteurs organisés, présence de personnes vulnérables, vente déjà engagée) l’équation change.
Chez Lario, nous rachetons les biens squattés en Île-de-France sans condition suspensive liée à l’expulsion.
Sources : Sources : Ministère de l’Intérieur (taux de succès administratif, 2025), Fondation Abbé Pierre (expulsions locatives 2025), loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023, données avocats Twitter/X.